Le syndrome de l'Orangerie

Le syndrome de l'Orangerie

Imaginez. Vous êtes devant l’un des plus célèbres tableaux du monde et là, stupeur, alors qu’il procure un plaisir évident aux regardeurs qui vous entourent, il provoque chez vous l’effet inverse. Il vous indispose, vous perturbe, vous intrigue.

Tel le Printemps de Vivaldi, « Les Nymphéas » de Claude Monnet a tout d’un hymne à la joie, à la nature triomphante, à la vie qui s’épanouit sans entraves.

Pourtant, Grégoire Bouillier n’y décèle que cadavres et pourriture. Il donne un nom à sa perception discordante : « le syndrome de l’Orangerie ».

Son livre a l’ambition d’en percer le mystère, par une enquête érudite et minutieuse (brillants passages aux pages 83, 112, 121, 157, 296, 315-350, 394) qui nous entraîne dans les méandres de l’histoire et dans l’intimité du peintre impressionniste.

On peut reprocher à Grégoire Bouillier de « matcher » occurrences et coïncidences au chausse-pied, de s’égarer dans un « trip » très personnel qu’illustre l’abus des parenthèses et des apartés. J’y vois surtout un encouragement à dépasser les évidences, à se forger sa propre opinion, au mépris des lieux communs (« Accéder à sa propre voyance »).

Ma seule réserve concerne l’exercice situationniste consistant à superposer Auschwitz et Giverny. Il ne m’a ni convaincue (pour démontrer quoi au juste ?) ni plu (j’ai déjà évoqué mon ras-le-bol de l’exploitation littéraire de la Shoah – même avec la retenue nécessaire et l’immense respect que j’ai pour le travail de l’écrivain).

« Le syndrome de l’Orangerie » est passionnant, fascinant, foisonnant et rentre dans la catégorie de ces livres « qu’il faut avoir lus ».

Appréciation :🌹🌹

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