Rétiaire(s)

Rétiaire(s)

Tout m’a ennuyée.

La thématique d’abord, un énième récit de flics pourris, sur fond de guerre des polices et de trafics de drogue. J’ai eu l‘impression d’avoir lu mais surtout d’avoir vu cent fois cette histoire en eaux troubles. Disons-le tout net : la surproduction de séries a tué le « game ». Il y a de moins en moins de surprises, d’imaginaire possibles.

La débauche de sigles ensuite. On est prévenu, on nous propose un lexique pour tout déchiffrer. Il n’empêche, c’est pénible. Et qu’on n’aille pas m’expliquer que justement, les sigles soulignent la complexité de l’intrigue. Jorge Semprun avait raison : les sigles obscurcissent le discours, ils sont les signes avant-coureurs de négation du langage ; les nazis les adoraient, d’ailleurs.

Les personnages enfin, hautement caricaturaux, jusque dans leurs origines, un manouche par-ci, un arabe par-là, un comorien au milieu. La nièce du gangster a la gâchette facile, la copine du gangster a la gâterie facile, les frères se font la misère dès que le pognon abonde et le flic a de l’éthique sous le vernis de la combine. Du Scorcese mal digéré.

Autre souci, pendant quatre cents pages, je me suis dit que ces embrouilles de schnouf mèneraient à quelque chose de plus grand qu’un règlement de comptes. Raté. Tout finit dans le nihilisme d’une famille vengée, d’un braco bien exécuté et d’un flic volatilisé. Allez hop !

Qu’en sauver ? Les interludes géopolitiques (intéressants) et les portraits de certains protagonistes (plutôt réussis ; exemples pages 302 et 319).

Appréciation :🔪

La face nord

La face nord

Mars

Mars