Vivarium

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Page 21 : « Depuis lors, en un syncrétisme qui n’engage que moi, il m’arrive de prêter une âme à chaque atome ».

Là, j’ai su que cette lecture risquait d’être longue et qu’une fois encore, les Éditions de Minuit allaient m’agacer.

Tanguy, si vous vous livrez à des exercices masturbatoires, j’aime autant qu’ils restent physiques car je n’aurai pas à les subir. Je préfère vos romans à vos déambulations mentales, aussi brillantes soient-elles.

Tanguy Viel prend une posture de regardeur ému et fait de son étonnement, feint ou réel, un déclencheur de poésie (exemples pages 64, 85). Il y a ce besoin de s’affranchir de l’attendu éditorial. Au diable l’histoire, les personnages, l’intrigue… Il contemple, il commente, il convoque des auteurs illustres (Woolf, Camus, Barthes, Calvino, Keats) pour valider ses saillies, entre rêverie et réflexions, où l’érudition vernit la prétention.

Je m’interroge. Il y a ces évidences, dressées comme des absolus, la nécessité du voyage, le goût de l’altérité, le temps de respirer… et je me demande par quel péché d’orgueil l’auteur a voulu les enluminer et les encadrer avec ses mots. Ça n’exclue pas de beaux moments d’écritures comme ces pages 82-83 où l’auteur divague au sujet d’un hôtel prisonnier de la mer et du rail.

C’est un essai, le carnet de bord inspiré d’un écrivain qui met son œuvre sur pause et la questionne : qui suis-je ? Où vais-je ? Dans quel état j’ère ?

Tanguy Viel nous embarque dans un ego trip et moi, j’ai regretté d’avoir acheté mon ticket. Jamais le talent d’un auteur ne me fera pardonner l’ennui que son livre m’a procuré. Désolée.

Bilan : 🔪

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