Dos au mur

Dos au mur


L’Ivresse de soi. Acheter le livre de Nicolas Rey, ce fut comme boire le verre de trop. On sait qu’on le regrettra, on se promet une douce ivresse et on finit malade. Nicolas Rey appartient au club des “petits cons magnifiques” dont Beigbeder est le digne chef de file (voir les conditions de sa récente éviction de France Inter). Je n’ai rien contre l’alcool ou les psychotropes. Ils peuvent se révéler stimulants. Ce ne sont pas Hemingway, Baudelaire ou Nabokov qui me diraient le contraire. Mais il arrive un moment où le néant supplante le génie. Quand l’addiction devient l’unique sujet de la narration, on tourne en rond. De quoi parle ce bouquin ? De la déchéance et de l’impossible rédemption d’un écrivain prometteur qui, tel Icare, a volé trop haut, trop vite et trop près d’une gloire annoncée (par le prix de Flore). En achetant son livre, j’ai payé sa réhab. Christine Angot est aussi douée pour ça : depuis ses débuts, nous finançons son interminable thérapie. Restent de très belles formules, quelques passages émouvants, de rares éclats dispersés dans la vomissure. L’écrire ou ne pas l’écrire, telle est la question. C’est tellement vain et pathétique que j’ai fini par éprouver une sincère compassion pour l’homme et le père de famille. Nicolas, plus vos cheveux grisent, plus vous semblez dégriser. Tant mieux, je lirai peut-être votre prochain roman.

Bilan : 🔪🔪🔪

Le grand cahier

Le grand cahier