Chavirer

Chavirer

Admirable ! C’est un livre sur le pardon que cette citation, page 106, résume si bien : « Le pardon n’était pas l’oubli. L’offense ne disparaissait pas comme une tache sur un tissu. Pas plus qu’elle n’était provisoirement « recouverte » par le pardon. Pardonner était une décision, celle de renoncer à faire payer à l’autre. Ou à soi-même ». Cléo devra traverser le chaos de sa vie pour accepter le renoncement.

Cléo, 13 ans, voit son innocence se briser sur la duplicité des adultes. Elle est la victime, pire, la complice, le rouage d’une machination qu’elle ne comprend pas. Elle est si jeune, elle n’a ni ses règles, ni les codes. Elle tentera d’ignorer ses mauvais souvenirs. En vain. Sur cette blessure initiatique, son inconscient attise le remord, la honte et la souffrance. La voici dévorée par un feu intérieur. À perpétuité. Une note sombre qui l’obsède et fera de son existence une mélodie dissonante. Cléo n’est pas la seule à se faire remarquer… et marquer. Il faut tant d’énergie, tant de ressources pour ne pas laisser un trauma vous gangréner. Il y a celles qui se battent et restent à bord. Il y a celles qui perdent pied et finissent par chavirer. 

« Chavirer » est aussi un roman sur les rebuts de cette course au succès qui régit notre société. Combien d’apprenties danseuses qui tournent mal pour une Misty Copeland qui virevolte à l’Opéra ? Combien de gamins éclopés pour un Kylian Mbappé ? Combien d’illusions perdues pour un rêve enfin réalisé ? On l’entraperçoit dans les pages magnifiques (p211-216) où Lola Lafon décrit, avec une infinie tendresse, le quotidien douloureux des candidates à la renommée. Un roman formidablement construit, tout en délicatesse. 
Un roman qui m’a fait tanguer.

Bilan : 🌹🌹🌹

Dans les yeux du ciel

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Impossible

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