Cairns
La Norvège importe peu. Il pourrait s’agir d’un paysage américain, de cactus à l’ombre menaçante et d’une indienne vengeresse qui excite les cow-boys autant qu’elle les effarouche. J’ai d’ailleurs cru qu’il s’agissait d’un scenario de western transposé dans la tourbe.
L’histoire n’est pas nouvelle. Une femme a trucidé l’homme qui tentait d’abuser d’elle. Alors elle n’a d’autre choix que de s’enfuir pour échapper à ceux qui, tôt ou tard, la puniraient d’avoir osé repousser leur congénère.
Ses poursuivants semblent, eux-aussi, tout droit sortis d’un western : Reidar, le chasseur-pêcheur porté sur la gnôle aromatisée et Ribe, le pasteur que le souvenir ému de la fugitive, Kirsten, obsède plus que de raison.
Leur quête est laborieuse, semée de doutes et d’embûches. Là aussi, on tombe dans le cliché du « chemin importe plus que la destination ». On pourra y trouver, en creux et avec indulgence, des thématiques comme la créature fantastique et médiatrice (ici nommée huldra), le désir d’un retour à l’état sauvage ou la rédemption du pécheur.
Mais le vrai sujet de ce petit livre inabouti, c’est la peur, qui noue les tripes devant l’inconnu et que l’auteur a balisé avec des cairns, des silhouettes de pierres surgissant du brouillard de manière inopinée. Tiens, l’anagramme de cairns, c’est « crains ».
Un roman trop court pour être initiatique et trop long pour se faire conte. Il sera vite oublié
Appréciation : 🔪