Élise est néo-romancière. Elle a du talent, et beaucoup d’espoir. Elle sélectionne une trentaine de maisons d’édition. La moitié d’entre elles lui demande d’envoyer son manuscrit par la poste. Élise s’en étonne. Elle appartient à cette gé

Élise est néo-romancière. Elle a du talent, et beaucoup d’espoir. Elle sélectionne une trentaine de maisons d’édition. La moitié d’entre elles lui demande d’envoyer son manuscrit par la poste. Élise s’en étonne. Elle appartient à cette génération qui ne comprend pas l’aveuglement de ses ainés. Du papier ? N’ont-ils rien compris ? Imprimées seulement au recto, avec un espace conséquent, il faudra compter 250 feuilles A4 par exemplaire envoyé. Une fois reliés et enveloppés, les manuscrits sont affranchis. Coût global de l’opération : 450 euros.

Il existe des organismes tels que la CNCL ou la SGDL pour se faire financer, mais on n’obtient pas systématiquement leur aide.

L’obligation d’imprimer et d’envoyer son manuscrit a deux effets révoltants :

- Une forme de sélection par le fric des candidats à l’aventure littéraire

- Un immense gâchis de papier à l’heure où les ressources se font rares. Un éditeur reçoit en moyenne 4500 manuscrits par an. Il n’en publiera que trois. Ça fait 100 tonnes de papier détruites pour une quinzaine d’éditeurs !

Est-il si compliqué de recevoir un texte en version digitale, de le soumettre à des lecteurs sous cette forme pour un premier avis et ensuite, s’il donne satisfaction, d’imprimer une version papier pour approfondir l’étude ?

Bravo aux éditeurs qui n’acceptent plus que les versions digitales.

Quant aux autres… Qu’attendez-vous ?

Hier, Élise a reçu une lettre laconique d’un éditeur lui expliquant que son roman « ne correspondait pas à la ligne éditoriale » et qu’elle avait deux mois pour récupérer son exemplaire papier avant qu’il ne soit détruit.

Je n’ai pas su quoi dire à Élise.

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